Patrick Chevallier est un précurseur. Depuis de longues années, il mène des actions en faveur du sport au féminin, au travers de l’association FemixSport et en produisant des films documentaires pour mettre en valeur les sportives. Faisons connaissance avec cette figure incontournable et éminemment sympathique de la cause que nous défendons. Par Djelina Ndiaye

 

Quel est votre parcours ?

Près de 50 ans de bénévolat dans le mouvement sportif en tant que dirigeant et entraineur d’athlétisme.

Aujourd’hui j’exerce plusieurs fonctions : Responsable de la communication de Femix Sport, co-président de Femix Occitanie, membre du comité régional des Joinvillais qui regroupe des anciens groupes sportifs qui ont été reconnu comme sportif de haut-niveau. Je suis également producteur de film audio-visuel sur le sport et en particulier sur le sport féminin.

D’où vient votre engagement pour le sport féminin ?

Mon expérience de plus de 40 ans m’a fait observer qu’il n’y avait pas d’égalité dans les sports que ce soit dans la pratique ou dans les instances sportives. Je me disais qu’il y avait quelque chose à faire pour que justement il y ait plus d’égalité. Il n’y a aucune raison pour que les femmes ne puissent pas avoir les mêmes pratiques que les hommes et qu’elles ne soient pas présentes dans les instances que ce soit comme dirigeantes, entraîneures ou comme officielles.

Quelles sont les actions que vous avez déjà menées pour la promotion de la place des femmes dans le sport ?

Depuis quelques années je me suis lancé dans la production audio-visuelle et j’ai réalisé plusieurs films sur le thème de l’égalité hommes-femmes. Le film « XIII filles en ovalie », autour d’un club de rugby à 13 de Toulouse qu’on a filmé pendant tout une saison, a été diffusé dans plus de 10 villes de France on a dépassé les 50 000 personnes l’ayant vu depuis sa sortie. Il a même été diffusé à la télévision !

Vos conseils pour favoriser la promotion et le développement du sport féminin ?

 Une des premières choses qu’il faut faire est la médiatisation ! Il faut qu’on ait de plus en plus de possibilités de voir des événements ou des documentaires sur les sportives. On peut dire que cette année France Télévisions a fait un très (très) gros effort avec la diffusion de l’Euro 2017 qui a eu lieu aux Pays-Bas et de la coupe du monde de rugby. On s’aperçoit que les gens sont demandeurs, ils ont envie de voir. A partir de là je pense qu’on peut aussi travailler sur l’économie du sport en direction du sport féminin.

Vos conseils pour que les femmes aient plus accès aux métiers du sport ?

Femix qui a une capacité de formation aide et accompagne un certain nombre de jeunes femmes qui veulent se lancer dans les métiers du sport. Certaines sportives de haut-niveau comme Paoline Ekambi ou d’autres aident les sportives en reconversion à se lancer dans les métiers du sport. Mais là aussi il y a encore beaucoup de chemin à faire. On voit par exemple chez les journalistes ou les entraîneurs il y a très peu de femmes. Il faudrait que les métiers du sport permettent l’ouverture de ces fonctions aux femmes, il y a donc une démarche à avoir.

Avez-vous vu des améliorations depuis que vous vous êtes engagé dans le sport féminin ?

Il y a encore du chemin mais depuis le lancement des 4 saisons du sport féminin en 2014 jusqu’aujourd’hui on s’aperçoit que le pourcentage de production et de diffusion télévisuel sont beaucoup plus importantes puisqu’on est passé de 7% il y a 4-5 ans à 15% aujourd’hui. Il y a de l’évolution même si ce n’est pas encore important.

Sur la pratique on avance aussi bien mais par contre sur les instances dirigeantes pas vraiment. Si on regarde au niveau des fédérations, on a qu’une seule femme présidente d’une fédération olympique en France (Isabelle Lamour : FF Escrime) alors qu’il y a plus de 80 Fédérations Olympiques. Il y a encore des choses à faire, il ne faut pas relâcher nos efforts.

Je fais partie de ces gens qui accompagnent et qui apportent leur expérience pour essayer d’avancer dans ce sens-là.

Quels sont les projets à venir ?

 Le prochain film que nous allons produire s’intitule « Elles rêvent de 2024 », c’est autour de jeunes filles dans différents sports qui ont aujourd’hui entre 15 et 20 ans, qui sont des espoirs de leur sport et qui peuvent demain être sélectionnables pour Paris 2024. Donc on va les suivre en plusieurs étapes : une première série de 10 films d’ici la fin de l’année puis jusqu’en 2020 pour celles qui seront aux Jeux Olympiques de Tokyo et on continuera comme ça jusqu’en 2024. Pour chaque sportive on aura un film de 24 minutes que l’on pourra après diffuser à la télévision puisqu’on a des accords avec certaines chaines.

Puis nous allons monter un certain nombre d’événement dans la région Occitanie autour de la pratique sportive. J’accompagne par exemple pour la fin du mois d’août un tournoi qui s’appelle International Toulouse Ladies Cup qui va réunir 4 grands clubs de football européen (Lyon, Montpellier, Liverpool et Manchester).

Faire aussi des conférences autour d’un certain nombre de thématique que ce soit à Paris, Montpellier ou Toulouse et voir sur les autres régions ce qu’il peut être fait aussi. Parce que nous avons besoin de communiquer aujourd’hui sur cette représentation donc il y a des actions à mener à coté de ce que je peux faire en termes de production audiovisuelle.

 

Production audiovisuelle de film sur le sport et en particulier sur le sport féminin

Regards des jeunes sur le foot féminin (22 mn)
XIII filles en ovalie (52 mn)
La médiatisation du sport féminin (13 mn)
En cours : Elles rêvent de Paris 2024