Une absence qui remonte à plusieurs siècles
Peu d’articles traitent des femmes qui font carrière dans le secteur sportif. Mais le phénomène remonte à plusieurs années. Dès l’Antiquité, les femmes pouvaient pratiquer certains sports, mais n’avaient pas accès aux compétitions sportives. D’ailleurs lorsque les Jeux Olympiques ont été créés, elles n’avaient pas le droit d’y participer et n’y ont été autorisées qu’en 1900.

Un problème sociétal
« Le foot n’est pas fait pour les filles », « Le sport est moins intéressant à regarder lorsque ce sont des femmes qui jouent » (ce que les audiences contredisent), ces propos, encore bien ancrés dans les mentalités empêchent les femmes d’accéder à de nombreux postes. Si les femmes ne peuvent pas épouser une carrière sportive, c’est parce qu’elles ne doivent pas ressembler aux garçons, ni « se donner en spectacle » et encore moins avoir un corps trop musclé. Ainsi, durant de nombreuses années, certains sports étaient interdits aux femmes pour des raisons médicales tronquées : corps trop fragile, dangers liés aux pratiques trop brutales etc. Dans les années 1960, on faisait passer un contrôle de féminité pour toutes les sportives concourant au niveau international, qui devaient prouver être de « vraies femmes ». Derrière tout cela se cachait en réalité, des mœurs très conservatrices.
Ainsi comme dans d’autres domaines, on retrouve dans le sport des inégalités.Les sports perçus comme masculins (foot, rugby, boxes, cyclisme, haltérophilie…) comptent peu de femmes. En théorie, les femmes peuvent pratiquer tous les sports. Dans les faits, une quarantaine comptent moins de 20% de femmes.

Les femmes peu associées au sport dans les médias

Beaucoup de métiers dans le sport sont réservés exclusivement aux hommes. Ainsi, on compte par exemple seulement 3 femmes agents de joueurs en France et aucune femme arbitre pour la Coupe du Monde de football. Les femmes qui exercent une carrière sportive sont presque invisibles dans les médias : 80 % du temps consacré au sport sur les chaînes de télévision ne montre que des hommes. Et lorsqu’on leur donne la possibilité d’être médiatisées, on leur demande de plus en plus de s’exposer en portant des tenues sportives attrayantes ou en réalisant des images plus publicitaires qu’axées sur leurs compétences sportives.

Une mince évolution qui doit être soutenue
Au fil des années, la participation des femmes aux Jeux Olympiques d’été, toutes nations confondues, s’est accrue. Grâce à l’ajout de la boxe féminine aux Jeux à Londres, les femmes ont pu concourir, pour la première fois, dans tous les sports au programme des Jeux Olympiques. Deux ans plus tard, aux Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi, une nouvelle étape a été franchie avec l’inclusion du saut à ski féminin. Certains sports, comme le tennis, essaient également de se démarquer en se rapprochant le plus possible de l’égalité hommes, femmes. En effet, depuis quelques années, les tournois de Roland-Garros et de Wimbledon distribuent les mêmes gains pour les hommes et les femmes, soit environ 1,2 million d’euros pour les vainqueurs. La France organisera aussi pour la première fois le Championnat d’Europe de handball féminin en 2018, et la responsabilité de l’organisation de cette compétition pourrait être confiée à une femme. En attendant de lire le nom d’une femme inscrit sur la liste des arbitres de la Coupe du Monde…

La première étape du projet « Pourquoi pas une femme » sera de recenser précisément la place des femmes dans les métiers du sport et d’identifier les freins techniques, économiques ou culturels, branche par branche. A quel niveau conviendra-t-il d’agir prioritairement ? Sensibilisation des acteurs de la formation, des médias, des fédérations ? Mise en valeur des femmes dans les métiers du sport auprès du grand public, pour modifier en profondeur l’image de ces métiers ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais une chose est sûre : la place des femmes dans les métiers du sport n’est pas celle qu’elles méritent. Et cela va changer !