Une nouvelle étude montre les lacunes qualitatives et quantitatives persistantes dans la couverture médiatique du football féminin.

D’immenses progrès ont été réalisés au cours de ces dernières années dans le traitement médiatique des sports féminins ces dernières années. L’engagement du service public audiovisuel y a largement contribué avec des diffusions en prime time de rencontres de sports collectifs d’équipes nationales féminines. Le CSA estime que la part des retransmissions des sports féminins sont passées de 7% en 2012 à 14% en 2016 et encore plus aujourd’hui. Cet été, le rugby et le football ont eu de belles part d’audience : 16.6% soit 3.3 millions de téléspectateurs pour la rencontre entre la France et l’Islande lors des phases de poule de l’Euro 2017. La coupe du monde de rugby n’est pas en reste avec une diffusion en prime time et d’inattendues fortes parts d’audience.

Pourtant, malgré ce momentum et un contexte favorable avec le lancement officiel de la coupe du monde 2019 et la toute nouvelle nomination de Corine Diacre à la tête des Bleues, cette étude renvoie des résultats décevants concernant le traitement médiatique du football dans la presse écrite nationale.

L’étude a été réalisée par les dégommeuses , une association qui milite dans le sport et par le sport contre toutes les discriminations, dont le le sexisme. Elle a été financée par le réseau Fare , un collectif qui regroupe les acteurs du football européen pour lutter contre les discriminations dans et à travers le football.

L’étude se concentre sur la période du 2 au 25 septembre 2017 autour de 10 titres presse : 3 nationaux (L’Equipe, France Football et So Foot) et 7 quotidiens PQR. Elle couvre 3 journées de championnat de Division 1 et 2 matchs internationaux des Bleues sous l’ère Diacre.

Seulement 2.1%

Soit 28 pages sur les 1327 pages footballistiques étudiées sont dédiées au foot au féminin même si les PQR se distinguent autour de 4% et des pics à presque 7% pour le Midi Libre.

« Invisibilisées » et « anonymisées »

Pire encore, sur ce faible 2.1%, les résultats montrent que ces articles mettent en avant, par le texte et l’image, les staffs certes structurellement masculins, du sélectionneur au kiné en passant par le jardinier. Les noms et les images des joueuses sont les étranges absents de ces articles. Pourtant l’actif principal d’une équipe de football est les joueuses, c’est elles qui peuvent raconter une histoire et auprès d’elles que les supportrices et supporters peuvent s’identifier.

Des représentations encore sexistes

Il est amusant d’observer cette large couverture photographique d’Ami Otaki, où on pourrait s’y méprendre et penser qu’il s’agit d’une nouvelle recrue de Netball pour le Paris FC.

Des bonnes pratiques

Les PQR dépassent quantitativement la presse nationale et offrent des articles qui mettent à l’honneur les joueuses par le biais d’une accroche régionale et locale. L’étude constate que l’utilisation de rubriques transversales est un autre moyen d’offrir de l’espace médiatique dans la presse nationale.

Exemple de bonnes pratiques (Midi Libre) :

Osons

Osons montrer et raconter des histoires de femmes qui jouent au football et faisons de la coupe du monde 2019 une grande fête footballistique qui mobilisera les hommes et les femmes. Ça commence aujourd’hui, ça commence par les médias.

 

L’Etude complète http://www.lesdegommeuses.org/PDF_DOC/FARE_FOOTFEMININ.pdf

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